Bible, Chroniques

Saison 3, épisode 10 : Marie-Madeleine, passeuse d’espérance (Jn 20, 11-18)

« Apôtre des apôtres  » (Hippolyte de Rome), pionnière courageuse de l’annonce de l’Evangile, pécheresse repentie, épouse du Christ, ascète ou mystique, prête-nom facile de toutes les femmes sans nom des Evangiles, Marie-Madeleine échauffe les imaginations ! Et si on s’intéressait un peu aux textes plutôt qu’aux fantasmes que nous y plaquons ? A la veille de la fête de Marie-Madeleine, un commentaire de la première apparition du Christ ressuscité à Marie-Madeleine (Evangile de Jean, chapitre 20, versets 11 à 18). 

Fra Angelico, Noli me tangere, couvent Saint-Marc, Florence

Notes et références

Lc 8, 1-2 : « Ensuite, il arriva que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons ».

Passage commenté : Jn 20, 11-18.

Episode également disponible sur www.passeursdavenir.com.  

Chroniques

Saison 3, épisode 9 : Les Ozanam, passeurs d’avenir en couple (Raphaëlle Simon)

Raphaëlle Simon, autrice du livre Couples de feu et de foi, nous parle d’Amélie et Frédéric Ozanam et de leur action novatrice, en couple, dans le domaine social. Il a fondé les conférences Saint-Vincent-de-Paul mais il n’oubliait jamais de « fleurir » sa femme le samedi pour manifester leur amour rayonnant aux invités du dimanche. 

Passeurs d’avenir et acteurs de changement, ça se passe aussi dans la vie de couple ! Besoin d’inspiration ? Piquez quelques trucs aux Ozanam ! 

Références

– Raphaëlle Simon, Couples de feu et de foi, préface de Sophie Lutz, l’Emmanuel, 2020

– Raphaëlle Chevallier-Montariol, Amélie et Frédéric Ozanam à la lumière de Vatican II, SSVP, 2009 (épuisé)

– Mgr Renauld de Dinechin, Charles Mercier, Luc Dubrulle, Frédéric Ozanam, l’homme d’une promesse, DDB, 2010

– Mgr Jean-Marc Aveline, Actualité de Frédéric Ozanam, Église à Marseille, éditorial décembre 2020

Pour aller plus loin

Charles Vaugirard, La pensée politique de Frédéric Ozanam, une vision pour notre temps, Pierre Téqui éditeur, 2021

Entretiens

Saison 3, épisode 8 : Lucie Tailhadès, Trendethics

Lucie, 25 ans, a décidé, après sa découverte de Laudato Si, d’incarner ce texte dans sa vie professionnelle. Après un voyage humanitaire en Asie, elle a cofondé Trendethics, une association qui commercialise des coussins tissés par des femmes des ethnies d’Asie du Sud-Est et assemblés en France et en Asie par des femmes en situation précaire. Ce faisant, elle a pour ambition d’agir pour préserver l’environnement et les savoirs-faire de ces ethnies tout en favorisant l’emploi et l’éducation pour ces populations.


Passionnée par les savoir-faire ancestraux de ces femmes et fascinée par ces sociétés où « femmes et hommes ont leur juste place », Lucie est persuadée que leur démarche est celle d’une écologie intégrale et peut nous inspirer en Occident, tout en apportant développement et prospérité en Asie.

Découvrez-en plus sur Trendethics et commandez vos coussins et pochettes sur www.trendethics.com

L’épisode est également disponible sur Passeurs d’avenir, la plateforme du Congrès annuel du MCC. 

Chroniques

Saison 3, épisode 7 : Feminism washing ?

Le féminisme est à la mode ces derniers mois… au point de devenir une mode ? Qu’en est-il de Des femmes et un Dieu dans ce contexte ?

Notes et références de l’épisode

LH le magazine, « Trois ans après #metoo. Féminisme, le boom éditorial. Nos chiffres inédits », n°7, mars 2021. https://boutique.livreshebdo.fr/lh-le-magazine-07

Faustine Vincent, « La mode du  « féminisme washing »  atteint les entreprises », Le Monde, 8 janvier 2018, disponible en ligne : https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/01/08/la-mode-du-feminisme-washing-atteint-les-entreprises_5238656_3224.html

Voir aussi : Léa Lejeune, Feminisme washing : quand les entreprises récupèrent la cause des femmes, Paris : éditions du Seuil, 2021.

Films Netflix cités :

Sandra Harding, née en 1935, est une philosophe féministe américaine, qui a en particulier travaillé sur l’objectivité en sciences d’un point de vue féministe. Ouvrages principaux : Feminism and methodology: social science issues, Indiana University Press, 1987 ; Whose science ? Whose knowledge ? Thinking from women’s lives, Cornell University Press, 1991.

L’expression « Just add women and stir » est le titre d’un chapitre dont elle est l’auteur dans Missing links : gender equity in science and technology for development. Gender Working Group, United Nations Commission on Science and Technology for Development, Ottawa : International Development Research Centre in association with Intermediate Technology Publications and UNIFEM, 1995.

Entretiens

Saison 3, épisode 6 : Sophie de Lépinay, écolieu et CNV

L’écolieu Ty Louët, fondé par Sophie et sa famille

A 36 ans, enceinte de son premier enfant, Sophie est institutrice, référente en pédagogie et utilise les techniques de la communication non violente pour les classes dans lesquelles elle intervient et les élèves en difficulté qu’elle aide en tutorat. Responsable des groupes de partage de Paris pour la communauté Fondacio, elle est également très engagée dans le domaine de l’écologie et a décidé de transformer la résidence secondaire de sa famille, Ty Louët en Loire-Atlantique, en écolieu. Toutes les facettes de son engagement sont pour elle au service de l’écologie intégrale englobant la personne, ses relations avec les autres, avec Dieu et avec la planète.

Notes et références de l’épisode

Fondacio et l’IFF Europe

Fondée à Poitiers en 1974 par Jean-Michel Rouseau, la communauté Fondacio est une communauté du Renouveau charismatique (pour plus de précisions sur les communautés nouvelles, voir les notes et références de l’entretien avec Marie-Anne). Association catholique avec une dimension œcuménique, le charisme de Fondacio est l’amour de Dieu vécu à travers les trois dimensions « Être vrai, Être avec, Être pour ».

Dans la transformation et la conversion intérieure, la prière et le partage avec les autres, ses membres sont appelés à s’engager activement pour un monde plus humain et plus juste, avec une attention particulière pour les plus jeunes. Ce faisant, Fondacio s’attache à proposer une éducation humaine et spirituelle aux jeunes depuis l’adolescence jusqu’à l’âge adulte, même s’ils ne sont pas croyants.

C’est dans cet esprit d’accompagnement de vocations pour un monde nouveau qu’est né dans les années 80 l’institut de formation de Fondacio (IFF), devenu IFF Europe. A Poitiers, l’IFF Europe propose notamment des parcours d’orientation pour les jeunes qui hésitent sur la voie à prendre. C’est à cette année que Sophie fait allusion dans notre entretien.

La communication non violente

La communication non violente (CNV) est un outil de communication verbale pour la résolution de conflits, qui permet également de développer une meilleure relation à soi. Développée aux Etats-Unis dans les années 60, par le docteur Marshall Rosenberg, la Communication Non Violente s’inspire fortement des travaux du psychologue Carl Rogers (1902-1987), dont il a été l’élève. A partir de l’idée que tous les êtres humains ont les mêmes besoins, la communication non violente propose, pour apaiser les situations de conflits et faciliter le dialogue, d’appliquer quatre étapes à chaque échange :

La technique repose sur l’application de quatre principes fondamentaux :

  1. Observer la situation sans juger (ni les autres ni soi-même).
  2. Nommer et exprimer ses sentiments et ses émotions (en développant son vocabulaire émotionnel) ;
  3. Exprimer ses besoins (en les reliant à la pyramide des besoins humains fondamentaux) ;
  4. Formuler ses attentes.
Pour en savoir plus sur la CNV :

Les livres de référence en français (et plus adaptés aux Français que le très américain Rosenberg) : Thomas D’Ansembourg, Cessez d’être gentil, soyez vrai ! : être avec les autres en restant soi-même,  Montréal (Québec) ; Ivry : les Éd. de l’Homme : diff. Havas, 2001 et Être heureux, ce n’est pas nécessairement confortable,  Paris : Pocket, impr. 2008.

Une très jolie BD en trois tomes pour comprendre et apprivoiser ses émotions, dans l’optique de la CNV :Art-mella, Emotions : enquête et mode d’emploi, [Cholet] : Pourpenser éditions, DL 2016-2020.

Un épisode du podcast Change ma vie : https://changemavie.com/episodes/communication

Le message clair et la pédagogie Freinet

Fondée par Célestin Freinet (1896-1966), la pédagogie du même nom est une pédagogie alternative qui se base sur l’idée que l’enfant doit être acteur de ses apprentissages. Un peu comme dans la méthode Montessori, l’accent est mis sur le rôle de l’enfant comme constructeur de son savoir et non simplement comme réceptacle de connaissances transmises. Mais la coopération et le travail, adapté au rythme de l’enfant, sont centraux dans la méthode Freinet alors que la méthode Montessori est plus individualiste et plus centrée sur le jeu. Cette méthode est reconnue par l’Education nationale et certaines écoles (privées) fonctionnent selon ses schémas mais elle inspire aussi de nombreux enseignants de classes traditionnelles, comme Sophie. Voir par exemple : https://www.classe-de-demain.fr/accueil/education/comprendre-la-pedagogie-freinet-en-10-points-cles.

Le message clair est une technique de communication et de résolution des conflits entre élèves développée dans le cadre de cette pédagogie. Les enfants sont invités à mettre en place 6 étapes, inspirées là aussi de Carl Rodgers :

  1. Je préviens l’autre : j’ai un message clair à te dire/je veux te faire un message clair ou ce que tu m’as dit/fait m’a fait souffrir et je vais te faire un message clair. Es-tu prêt(e) à m’écouter ?
  2. J’explique pourquoi : Quand tu te moques de moi… ; Quand tu me pousses… ; Quand tu fais du bruit pendant que je travaille…
  3. Je dis ce que je ressens : j’ai de la peine / mal / peur… Je suis en colère / énervé…
  4. J’exprime mon besoin : … car j’ai besoin de (calme pour travailler / d’être en sécurité / de progresser en…)
  5. Je vérifie que l’autre a bien compris : as-tu bien compris ?
  6. Je propose une solution : j’aimerais que tu ne te moques plus de moi / j’aimerais que tu ne recommences plus / que tu me présentes des excuses / que tu fasses une réparation. (Source : https://www.emcpartageons.org/2016/11/11/focus-sur-le-message-clair/)

A voir en vidéo : https://www.icem-pedagogie-freinet.org/video-messages-clairs-1

Véronique de Fombelle, Pour qu’un ciel flamboie, Paris : l’Iconoclaste, DL 2018.

Entretiens

Saison 3, épisode 5 : Claire de Saint-Lager, Libérer le féminin

Photo : Claire de Saint-Lager

Claire de Saint-Lager est formatrice, autrice et conférencière. Après des études de sciences humaines et une école de commerce, ses premières expériences professionnelles se sont faites dans le domaine de l’éducation, aux États-Unis, en France puis au Cambodge où elle a séjourné avec l’association Enfants du Mékong.  Animée par la conviction que les femmes, « icônes visibles du féminin », ont beaucoup à apporter au monde, elle a fondé en 206 Isha Formation, qui propose des parcours pour aider les jeunes filles et les femmes à s’épanouir pleinement dans toutes les dimensions de leur féminité. Elle a publié La Voie de l’amoureuse. Libérer le féminin : désir, intériorité, alliance en 2017 et Comme des colonnes sculptées. Le célibat, un chemin d’espérance en 2020. 

Retrouvez-la sur www.ishaformation.fr.

Montage et mixage de l’épisode : Alexandre V.

Chroniques, Personnes

Saison 3, épisode 4 : MCC, la femme derrière le fondateur

Marie-Léonie Pupey-Girard (1834-1893)
mère du P. Henri-Régis Pupey-Girard, fondateur du MCC

Le MCC est d’abord une affaire d’hommes. Pourtant, derrière le père jésuite fondateur des mouvements qui prendront par la suite le nom de Mouvement chrétien des cadres et dirigeants, il y a une femme, sa mère, Marie-Léonie Pupey-Girard. Cette personnalité complexe à la vocation exceptionnelle a eu une influence si profonde sur ses enfants et sur leur spiritualité que le P. Pupey-Girard, cinquante ans après sa mort, attribuait toujours son apostolat à l’âme de sa mère, bien vivante en lui. Découvrez la vie de cette laïque mariée à un industriel après un long discernement (et un petit coup de pouce de saint Jean-Marie Vianney !), « vicaire de Marie » et mère tendue vers la sainteté – la sienne, celle de son mari et celle de ses enfants.

Notes et références de l’épisode

Pas de sources primaires pour cet épisode car je n’ai malheureusement pu y avoir accès en raison du confinement. Voici donc les publications que j’ai consultées, par ordre d’importance pour la rédaction de la chronique :

Bernard Deponcin, Une intuition du curé d’Ars : Madame Pupey-Girard (1834-1893). Son rayonnement surnaturel dans la vie et les œuvres de ses enfants, Paris : Bloud et Gay, 1943.

Henri Du Passage, Soixante ans d’effort allègre : le père Henri-Régis Pupey-Girard, 1860-1948, Paris : éditions Alsatia, 1949.

Julien Le Couëdic, La Révérende Mère Madeleine de Sales Pupey-Girard, supérieure générale des Oblates de Saint-François de Sales, 1862-1939, Paris : Bloud et Gay, 1947.

Francis Trochu, Les Intuitions du curé d’Ars, Lyon : E. Vitte, 1931-1940.

Entretiens

Saison 3, épisode 3 : Anne Guillard, Toutes apôtres

Oh My Goddess !
(c) Louise Plantin

Anne Guillard fait une thèse de philosophie politique et de théologie en co-tutelle avec Sciences Po Paris et la Faculté de théologie protestante de Genève sur les rapports entre les courants libéraux de la théologie chrétienne et l’éthique des démocraties libérales. A 29 ans, elle est très critique vis-à-vis de l’Église catholique et pessimiste sur sa capacité à se réformer, en particulier en ce qui concerne les rapports de genre dans l’institution et notamment le sort réservé aux femmes. Pour autant, et ses multiples engagements, dans la collective Oh my Goddess !, dans l’association du Témoignage chrétien et dans le collectif Toutes Apôtres comme les deux ouvrages dont elle est la co-autrice le montrent, ses reproches se veulent constructifs et sont à l’origine de son implication dans des initiatives qui peuvent transformer les choses.

Si elle entend bien contribuer aux transitions ecclésiales et spirituelles qu’elle juge indispensables, la clé de son engagement ne se trouve toutefois pas tant dans l’espoir de faire changer l’institution que dans l’espérance de faire découvrir à ceux qui ne se reconnaissent plus dans cette institution une autre manière de se référer à la foi en Christ.

Notes et références de l’épisode

Anne a participé à la rédaction de deux livres :

  • Laurent Grzybowski et Anne Guillard, Une autre Église est possible ! : vingt propositions pour sortir de la crise catholique, Paris : Temps présent, 2019
  • Pierre-Louis Choquet, Jean-Victor Élie, Anne Guillard, Plaidoyer pour un nouvel engagement chrétien, Ivry-sur-Seine : éditions de l’Atelier-éditions ouvrières, 2017

Oh My Goddess ! est une plateforme créée par Anne, Lucie, Valentine et Claire qui ont été rejointes cet été par Astrid, et destinée à porter des projets reliés aux féminismes, aux évolutions des rapports de genre, aux sexualités et à l’Église. Elle est à l’origine du podcast Bonne Nouv.elle, la parole inclusive du dimanche, qui donne à entendre des homélies portées par d’autres voix que celles des clercs. Après une première saison l’an dernier, de l’Avent à Pâques, une deuxième saison sera produite de novembre 2020 à la Pentecôte 2021.

L’Association du Témoignage chrétien reprend l’association de la revue Témoignage chrétien qui s’en est dissociée en 2017 et a pour but d’organiser un engagement chrétien promouvant dans les domaines politiques et sociaux le libre développement de chacun.e sur une terre habitable par toutes et tous. Enracinée dans les valeurs spirituelles chrétiennes, cette communauté est animée par une recherche d’engagement spirituel concret dans la vie publique et chemine par le questionnement et la coopération des un.e.s avec les autres, sans distinction de confession, d’âge, de sexe ou d’origine. C’est l’association productrice d’Oh My Goddess.

Pour en savoir plus sur l’initiative Toutes Apôtres, voir la chronique qui lui est consacrée dans la saison 2.

Les recommandations de lectures théologiques d’Anne 

Christoph Theobald, Le christianisme comme style : une manière de faire de la théologie en postmodernité, Paris : éditions du Cerf, 2007, 2 vol (collection Cogitatio Fidei).
Katie G Cannon, Womanist theological ethics : a reader, Louisville : Westminster John Knox Press, 2011 (collection Library of theological ethics.).
Ce recueil d’articles propose une histoire de l’expérience des femmes noires américaines interprétée dans une perspective théologique. C’est par cette lecture qu’Anne a vraiment pris conscience que l’universalisme de la foi chrétienne, pour être valide, ne pouvait pas être formulé et pensé uniquement par des européens, ou par des hommes. deviendrait alors un pseudo-universalisme et donc une forme de suprématisme religieux.
Bernard Feillet, L’errance, Paris : Desclée de Brouwer, 1997.

La parabole de l’arbre que déplace un peu de foi, évangile de Luc, chapitre 17, versets 5-6 : « Les Apôtres dirent au Seigneur : “Augmente en nous la foi !” Le Seigneur répondit : “Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer, et il vous aurait obéi.” »

Voir aussi Bernard Feillet, L’arbre dans la mer, Paris : Desclée de Brouwer, 2002 (collection Littérature ouverte) : « Elle est lumineuse la parabole de l’arbre que déplace un peu de foi. Cet arbre, c’est moi. C’est chacun de nous, suscité par la foi unique de son être unique. Déraciné par la foi, arraché à la terre des évidences trop labourées, des enclos depuis toujours fréquentés, l’arbre se plante dans la mer, symbole de l’immense. »

Joseph Moingt, théologien jésuite, né au début de la première guerre mondiale et entré en 1938 dans la Compagnie de Jésus, a marqué la théologie contemporaine par sa manière nouvelle d’aborder la discipline, sensible en particulier dans son chef-d’œuvre Dieu qui vient à l’homme (2 vol., publiés de 2002 à 2006). Soucieux de trouver une « voie/voix de conciliation entre foi “établie” et raison “éclairée” » (Croire au Dieu qui vient), ce passionné de l’intelligence de la foi a également eu à cœur de rendre sa pensée accessible au plus grand nombre notamment par des conférences et des articles de revue où il parle d’une nouvelle figure d’Église et témoigne de son souci pour l’avenir du christianisme sur le sol européen.

La citation dont parle Anne dans l’entretien est extraite de l’article « Les femmes et l’avenir de l’Église », Études, vol. tome 414, n° 1, 2011, pp. 67-76 (disponible en ligne : https://www.cairn.info/revue-etudes-2011-1-page-67.htm) :

« Après avoir perdu une grande partie du monde ouvrier, puis du monde intellectuel, l’Église perdait, sur le terrain des mœurs, de larges zones du monde féminin qui avait pourtant fourni le plus gros de ses troupes au siècle dernier. Or, depuis qu’elle avait établi la règle de baptiser les enfants dès la naissance, c’était le rôle de la femme de les éveiller à la foi et à la piété, puis de les éduquer dans l’obéissance aux règles de moralité et aux pratiques de la religion. A la place du prêtre qui instruisait les catéchumènes adultes dans les siècles antérieurs, c’était la femme désormais qui assurait la croissance de l’Église dans la société à travers le flux des générations. Mais voici que la femme des temps modernes, émancipée des cadres où l’emprisonnaient les sociétés traditionnelles, se dérobe à la vocation d’engendrer de petits chrétiens que lui assignait la tradition de l’Église. Celle-ci tend donc à s’opposer le plus possible à l’émancipation de la femme, laquelle en vient à voir dans l’Église le plus gros obstacle à sa promotion sociale : cette hostilité réciproque compromet gravement l’avenir du catholicisme. »

Chroniques

Saison 3, épisode 2 : MCC, quézaco ?

Mais quel est donc ce MCC dont je vous rebats les oreilles depuis le début de la saison 3 ? Une chronique pour tout savoir du Mouvement chrétien des cadres, de son héritage et de son organisation actuelle, sur le fil de cette question : cadres et témoins du Christ, un pari impossible ?

Notes et références de la chronique

LE livre pour tout savoir, mais alors tout, du MCC, c’est Dieu s’intéresse-t-il à notre travail ? La réponse du MCC, Paris : MCC, 2015. Publié pour les cinquante ans du MCC, il aborde l’histoire du MCC, détaille ses principes fondateurs et décrit son inscription dans le paysage des mouvements catholiques.

La charte du mouvement : https://www.mcc.asso.fr/la-charte-du-mcc/

Sur l’histoire du mouvement en tant que telle, voir les publications d’André Grelon :

  • André Grelon et Françoise Subileau, « Le mouvement des cadres chrétiens et la Vie Nouvelle : des cadres catholiques militants », Revue française de sciences politiques 39 (3), 1989, pp. 314-340, disponible en ligne : https://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1989_num_39_3_411464.
  • André Grelon, « Patrons et cadres catholiques », dans Bruno Duriez, Denis Pelletier, Etienne Fouilloux (et al.), Les Catholiques dans la République, 1905-2005, Paris : les Éditions de l’atelier-les Éditions ouvrières, 2005, pp. 81-90.

Pour aller plus loin

Association française d’histoire religieuse contemporaine. Colloque (1989), Les chrétiens et l’économie : Colloque de l’Association française d’histoire religieuse contemporaine, [30 septembre 1989] ; avant-propos d’André Encrevé ; conclusion de Jean-Marie Mayeur, Paris : Centurion, 1991.

 Luc Boltanski, Les cadres : la formation d’un groupe social, Paris : Éditions de Minuit, 1982 (Collection : Le Sens commun).

 Marie-Emmanuelle Chessel, Nicolas de Bremond d’Ars, André Grelon, L’entreprise et l’Évangile : une histoire des patrons chrétiens, Paris : Sciences Po, les presses, 2018 [sur l’histoire de l’association Entrepreneurs et dirigeants chrétiens].

Bruno Dumons, « Catholicisme français et Etat-providence », Lien social et politiques 33, printemps 1995, p. 77–88, disponible en ligne : https://www.erudit.org/fr/revues/lsp/1995-n33-lsp344/005096ar/.

Denis Pelletier,  » Le catholicisme social en France (XIX e-XX e siècles). Une modernité paradoxale », dans Benoît Pellistrandi (dir.), L’Histoire religieuse en France et en Espagne, Madrid, Casa de Velázquez, 2004, p. 371-387.

Entretiens

Saison 3, épisode 1 : Camille, God Save the Green

La saison 3 de Des femmes et un Dieu, où des « passeuses d’avenir » s’expriment dans l’optique du congrès annuel 2021 du Mouvement chrétien des cadres (MCC) s’ouvre en beauté avec Camille Allard, 23 ans, à l’origine du blog et du projet God Save the Green. Ancienne institutrice, porteuse de deux maladies motrices invisibles,  celle qui s’exclame volontiers « tout m’a été donné » s’attache à promouvoir des changements quotidiens appuyés sur une spiritualité écologique proche de celle de Laudato Si et du pape François. Elle propose en paroisse une véritable démarche de transformation pour avancer ensemble vers un avenir de relations apaisées avec soi-même, avec les autres, avec la Terre et avec Dieu. 

Découvrez son projet et suivez-la dans son tour de France sur son superbe site internet – dont elle réalise elle-même tous les visuels ! : www.projetgodsavethegreen.com.

L’épisode est également à retrouver sur la plateforme participative du congrès du MCC, www.passeursdavenir.fr